15 septembre 2026

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Non, Monsieur le Recteur, nous ne nous tairons pas !

Non, Monsieur le Recteur, nous ne nous tairons pas !

Dans une fiche intitulée « Si vous êtes sollicité par la presse », le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille diffuse une série de conseils à ses agentes dont l’objectif principal est de les inciter à ne pas répondre aux journalistes et à les renvoyer de façon systématique sur les services de communication du rectorat.

Si l’obligation de réserve existe bel et bien, elle renvoie avant tout à l’obligation de neutralité, de laïcité, de discrétion professionnelle…
Cette note académique s’inscrit dans la lignée des velléités de notre hiérarchie de nous imposer un devoir de réserve et mettre au pas les agentes de l’éducation nationale. Ainsi, Jean-Michel Blanquer inscrit le « devoir de réserve » dans l’article 1 de la Loi dite « Pour une école de la confiance », malgré les amendements déposés alors par les représentantes des personnels pour faire supprimer cet article.

Certes le fonctionnaire n’est pas un citoyen comme un autre, il n’est pas non plus un citoyen-sujet. D’ailleurs, l’article 6 de la loi du 13 juillet 1983 pose la notion du fonctionnaire-citoyen « La liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires. » et l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » font qu’un fonctionnaire a la plénitude des droits du citoyen.

Parce que nous sommes des professionnelles, soucieuxeuse de la déontologie et de l’éthique de notre métier, nous n’avons pas besoin que l’on nous rappelle qu’un devoir de discrétion s’impose à nous, notamment en dehors de notre temps de service.
Pour autant, cela ne peut nous museler et nous empêcher de dénoncer des réformes qui contraire aux intérêts du service public d’éducation, des choix politiques et budgétaires qui pénalisent nos élèves et dégradent nos conditions de travail. Nous avons aussi pour devoir de garantir un service public à la hauteur des ambitions que nous avons pour nos élèves.

Dans un contexte de répression syndicale qui a notamment conduit l’administration à suspendre sept représentantes des personnels pour avoir exercé leur activité syndicale et leur droit d’alerte, cette fiche vient affirmer une volonté de caporalisation des fonctionnaires de l’EN.

Ces injonctions au silence ne nous impressionnent pas, Monsieur le Recteur, nous ne nous tairons pas.

Communiqué intersyndical
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