25 août 2026

Actualités

Une rentrée encore sous le signe de l’austérité et du manque de moyens

La rentrée scolaire se déroule une nouvelle fois dans un contexte marqué par les conséquences du changement climatique, l’austérité budgétaire et la dégradation des conditions de travail dans l’Éducation nationale.

Après un été marqué par des épisodes de canicule et des incendies de plus en plus nombreux, la question de l’adaptation des établissements scolaires au changement climatique se pose avec toujours plus d’urgence. Au-delà de la nécessité d’un changement de modèle économique et d’une rupture écologique socialement juste, les autorités académiques et ministérielles doivent mettre en place des mesures concrètes pour permettre aux personnels de travailler et aux élèves d’être accueillies dans des conditions acceptables.

C’est une question de budget et de choix politiques. Un plan de rénovation thermique des établissements scolaires est estimé à 4 à 5 milliards d’euros par an pendant 10 ans. À titre de comparaison, 4 à 5 milliards d’euros par an représentent 2 % des aides aux grandes entreprises.

L’austérité au détriment de l’école et de ses personnels

Les discussions budgétaires ont commencé et, comme l’année dernière, l’austérité est au programme. Les services publics sont une nouvelle fois sacrifiés, au premier rang desquels l’école et ses personnels.

Aucune revalorisation salariale n’est prévue alors que les salaires réels diminuent à mesure que l’inflation augmente. L’annonce des 3 090 euros de salaire en moyenne par an, relayée dans une note du ministère publiée, comme par hasard, la veille de la rentrée, relève d’une opération de communication et présente un chiffre en trompe-l’œil qui ne saurait cacher le déclassement salarial.
Si le point d’indice avait augmenté au même rythme que l’inflation, soit de 21,28 % depuis 2020, une certifiée au dernier échelon de la hors-classe toucherait 504 € net de plus par mois.

Le gouvernement fait des économies sur le dos de l’école et instrumentalise la baisse des effectifs élèves pour supprimer des milliers d’emplois chaque année. Le second degré public aurait besoin de 40 000 emplois d’enseignantes supplémentaires pour retrouver le taux d’encadrement de 2006.
À l’horizon 2035, le second degré connaîtra une baisse de près de 800 000 élèves, soit 13 %. Cette baisse démographique doit permettre de rattraper les suppressions de postes et d’améliorer un taux d’encadrement qui reste parmi les plus élevés des pays voisins.
Dans l’académie, les suppressions de postes ont commencé fortement en collège, mais aussi en lycée, alors même que la baisse du nombre d’élèves y reste faible.

Des personnels toujours plus nombreux à manquer

La baisse des moyens se traduit par des difficultés persistantes de recrutement et par des postes non pourvus toujours nombreux. Les établissements continuent de manquer d’AESH, toujours sans statut et sous-payées, mais aussi d’AED, de CPE et de PSY-EN.

Les salaires réels diminuent, la crise du recrutement se poursuit et les conditions de travail continuent de se dégrader. Le bâti scolaire reste inadapté et les manuels scolaires ne sont plus financés en grande partie malgré la mise en place de nouveaux programmes.

Dans le même temps, le ministre de l’Éducation nationale fait de l’interdiction du téléphone portable au lycée l’un des marqueurs de cette rentrée.
Pour masquer des conditions de rentrée encore plus dégradées, le ministre fait diversion avec l’interdiction du téléphone portable au lycée. À chaque rentrée, son pare-feu.
Annoncée en juillet dans la précipitation pour une mise en œuvre dès cette rentrée, cette mesure relève avant tout de la communication politique. Les règlements intérieurs restent inchangés et sa mise en œuvre apparaît matériellement et humainement difficilement applicable.
Cette mesure est par ailleurs contradictoire avec une politique de numérisation menée à marche forcée et avec la course à l’IA engagée dans l’Éducation nationale.

L’école au cœur des enjeux politiques

Dans le contexte politique de l’élection présidentielle, les candidates vont opportunément faire de l’école leur priorité.De la droite à l’extrême droite, les propositions avancées défendent une école plus libérale, avec toujours plus d’autonomie, d’évaluation et de contractualisation, et promeuvent une école du passé, à deux vitesses. Poussées à l’extrême, ces orientations constituent un danger pour les personnels, les élèves et leurs familles.

Le 29 septembre : mobilisations et grève

Dans ce contexte, l’intersyndicale appelle aux mobilisations et à la grève le 29 septembre afin de peser sur les débats budgétaires et de faire entendre les revendications concernant les salaires, les conditions de travail et la défense des services publics.

Le SNES-FSU est la première organisation syndicale des personnels du second degré : professeures, titulaires ou non, TZR, stagiaires, CPE, PSY-EN, AED et AESH.
Engagé au quotidien pour informer, défendre et construire les mobilisations, le SNES-FSU entend mener la lutte pour défendre un budget à la hauteur des besoins d’une école publique émancipatrice, améliorer les salaires et les conditions de travail.