13 septembre 2026

Notre académie, nos établissements

Ce que les élu.es de la FSU ont fait à la F3SCT D du 3 septembre

Les élu.es de la FSU ont encore, à cette rentrée, alerté le DASEN sur les conditions dégradées à cette rentrée.
Que ce soit à cause des ambiances thermiques chaudes qui ont sévi en mai, juin et juillet et qui se prolongent en cette rentrée,
que ce soit face au manque de moyens qui font que les établissements débordent et qu’il manque des personnels pour faire fonctionner correctement le Service Public d’Education,
que ce soit dans la gestion inhumaine des personnels AESH dans les PIAL,
que ce soit à cause des Risques Psycho-Sociaux qu’un management toxique peut ,
les élu.es de la FSU se battent pour améliorer de meilleures conditions de travail.

Durant cette F3SCT D, il a été présenté le rapport d’une enquête demandée par la FSU pour la tentative de suicide d’un personnel et il a été mise en place un autre enquête dans un collège de Marseille suite au décès d’un CPE en lien avec les ambiances thermiques.

Déclaration liminaire F3SCT D du 3 septembre 2026

Monsieur le DASEN,
Monsieur le Secrétaire Général,

La FSU voudrait vous souhaiter une bonne rentrée comme à toutes celles et tous ceux qui sont là pour faire vivre le service public d’éducation ! Hélas, et cela devient une mauvaise habitude forcée par la réalité, nous ne pouvons nous réjouir pleinement de retrouver nos élèves. Hélas, certains et certaines d’entre nous sont déjà fatigué.es avant même de rentrer pleinement dans le travail. Hélas, les lieux mêmes de cette rentrée, école, collège, lycée, CIO et bâtiments administratifs ne sont pas toujours des refuges après un été caniculaire . En effet, partout dans le département, les conditions dans lesquelles se fait cette rentrée sont dégradée : bâtiments inadaptés aux conditions climatiques, manque de moyens, effectifs sur les repères les plus hauts dans les classes, management difficile dans les PIAL, réformes qui vident de sens le travail et injonctions contradictoires… Et si on y ajoute la communication délétère de notre Ministère sur les salaires professeurs, c’est à désespérer quiconque de vouloir faire ce métier !
Aussi puisqu’il est rare d’avoir une instance aussi près de la rentrée scolaire (Nous savons qu’elle n’est que le report de celle prévue en juillet), cependant, elle prend tout son sens au regard des dégradations manifestes des conditions de travail dans l’Éducation Nationale et dans notre département en particulier.

Dans le premier degré, cette rentrée confirme une nouvelle fois l’urgence des situations que nous signalons depuis des mois. À l’école élémentaire Sinoncelli, dans le 14ᵉ arrondissement de Marseille, la totalité de l’équipe enseignante était en grève dès le 1er septembre pour dénoncer l’épuisement chronique des personnels, la dégradation des conditions d’accueil des élèves et l’insuffisance des moyens. Une alerte sociale intersyndicale avait pourtant été déposée dès mai 2025 et la F3SCT départementale des Bouches-du-Rhône avait effectué une visite dans cette école. Malgré les constats établis et les nombreux signalements, rien n’a réellement changé, tandis que la mairie semble aujourd’hui découvrir des difficultés pourtant anciennes, connues et documentées. Cette situation est emblématique de ce que vivent de nombreuses équipes : des classes qui débordent dès la rentrée, des effectifs incompatibles avec de bonnes conditions d’enseignement et des écoles qui attendent encore une mesure provisoire d’ouverture. Réunir le CSA-SD de rentrée plusieurs jours après l’accueil des élèves est bien trop tardif : pendant que l’administration attend de disposer de chiffres consolidés, les équipes doivent immédiatement répartir les élèves, réorganiser les classes et gérer seules des conditions de travail déjà fortement dégradées. Les besoins doivent être anticipés et les ouvertures prononcées dès que les effectifs constatés les justifient, sans laisser les personnels et les élèves subir plusieurs jours, voire plusieurs semaines, une situation intenable.

La FSU sait et répète qu’il ne pourra y avoir d’amélioration des conditions de travail qu’avec une politique budgétaire enfin ambitieuse. Elle invite tous les personnels de la Fonction Publique à se mettre en grève et à manifester le 29 septembre prochain pour demander un budget qui permette d’améliorer l’école publique en augmentant le point d’indice des fonctionnaires et en le liant à l’inflation, en investissant dans le bâti scolaire pour créer les conditions de travail et d’étude enfin sereines, en diminuant les effectifs par classe pour permettre une école émancipatrice pour toutes et tous.

En attendant, le retour à la réalité de cette rentrée est difficile. Lors de notre dernière réunion en juin 2026, nous vous avions fait part de la faiblesse des dispositions mises en place pour lutter contre les dégradations des conditions de travail dues aux ambiances thermiques chaudes. La canicule de fin juin a prouvé que nous avions raison. Le fait de laisser à chaque école, chaque établissement le soin de gérer cette situation de crise s’est souvent résumé à du bricolage qui n’est pas arrivé à pallier les problématiques thermiques. Le bâti n’est pas prêt à accueillir des températures aussi hautes et durables et le renvoi au local sans limite de température acceptable selon les établissements ne peut être une solution. Entre le 1 mai et le 31 août, ce sont plus de 320 fiches SST sur les ambiances thermiques qui ont été émises dans le département : 180 dans les écoles, 109 dans les collèges et seulement 20 dans les lycées. Pourquoi si peu dans les lycées ? Pas parce que la Région a compris la nécessité de revoir le bâti plus que les autres collectivités, plutôt parce que c’était en période d’examen et qu’il y avait peu d’élèves. Qu’en sera-t-il en septembre avec la jauge pleine si un nouvelle épisode caniculaire se prononçait ?

La FSU demande des réponses à court et moyen terme. Il faut des moyens débloqués rapidement pour gérer les situations caniculaires de cette année. Il faut aussi un investissement important partout sur le bâti. Qu’en est-il d’une subvention que le CD 13 aurait transmise aux collèges du département pour s’équiper de ventilateurs ? On parle de 400 à 500 euro. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux ! Il est nécessaire que l’état demande aux collectivités locales d’agir pour garantir la sécurité et la santé des personnels et des usagers. Il est nécessaire aussi que les autorités départementales et académiques de l’Éducation Nationale reconnaissent qu’au delà de 30° dans les salles de classe les conditions de travail des personnels et des élèves sont fortement dégradés, qu’elles prévoient un budget dédié à la prévention des risques thermiques et qu’elles réorganisent les services en conséquence.
Puisque nous devons prévoir notre calendrier des visites d’établissement et les voter. Pour la FSU, il semblerait important qu’un travail soit engagé par cette instance sur ce qu’il est nécessaire de faire à court et moyen terme pour éviter les dégradations des ambiances thermiques. Parmi les établissements qui pourrait permettre d’étudier au mieux les adaptations nécessaires, le collège La Carraire à Miramas, nous semble pertinent tant par son bâti dégradé, la volonté de la direction de travailler en demi-jauge et les signalements qui ont pu être faits durant la période de juin.

Le décès d’un CPE au Collège Louise Michel suite à un malaise sur son lieu de travail ne peut être déconnecté des conditions thermiques que nous évoquons. La FSU s’associe à la douleur de la famille. Cependant, il est nécessaire que l’enquête puisse pleinement identifier et comprendre tout ce qui a pu entraîner un accident aussi grave sans s’arrêter à un seul facteur. Le rôle d’enquête de notre instance est essentiel et ce sans récupération. Les personnels du collège espèrent beaucoup et la situation est souvent plus complexe qu’il n’y paraît. A la FSU, nous savons que lorsqu’une enquête est diligentée suite à un accident grave, c’est toute une communauté scolaire qui est ébranlée. Quand l’accident est un tentative de suicide comme au Collège Saint Victoret, nous rappelons que si ces situations ont souvent des causes multi-factorielles, on ne doit pas se refuser à entendre que l’organisation du travail et les conditions professionnelles sont très souvent un facteur aggravant. Il est nécessaire alors de reconnaître les accidents de travail même si tous les facteurs ne sont pas professionnels.

Enfin, puisque l’ordre du jour souhaite aborder les conditions de travail des AESH au travers des fiches SST et DGI qu’iels ont émises, nous voudrions rappeler qu’en juin dernier cette catégorie de personnels s’était mobilisée pour une école inclusive avec les moyens nécessaires, pour un vrai statut de fonctionnaire de catégorie B et pour la fin des PIAL et autre PAS qui gère la pénurie de moyens en maltraitant les personnels. Quand comprendra-t-on enfin qu’on ne pourra pas faire une école vraiment inclusive pour toutes et tous sans améliorer les conditions de travail de celles et ceux qui la font vivre ? Il est temps aussi que l’administration prenne ses responsabilités et ne laisse plus des petits chefs localement décider arbitrairement quel.le AESH devra changer d’établissement et imposer des règles pour leur gestion dans les PIAL. Le statut protège, les règles acceptés d’un mouvement aussi. Trop de fois en cette rentrée, des personnels se sentent floués dans leur métier parce qu’on refuse de reconnaître leurs compétences.

Vous le voyez, M. le Secrétaire Général, nous avons du travail pour que la situation soit moins pire à la prochaine rentrée. Nous espérons que nous pouvons compter sur vous comme vous pouvez comptez sur nous pour défendre des conditions de travail dignes pour les personnels de service public d’éducation de notre département. Vous pouvez compter sur nous pour demander par la grève le 29 septembre les moyens nécessaires et pour être exigent dans cette instance pour faire en sorte que les personnels en souffrance soient entendus !