Un CSA-SD de rentrée 1er et 2d degré s’est tenu le jeudi 10 septembre 2026. Les élu.es du SNES-FSU y ont alerté le DASEN sur les conditions dégradées de cette rentrée.
Lors du CSA SD de rentrée du jeudi 10 septembre, les élu.es du SNES-FSU ont demandé à ce que cette année la carte scolaire soit revu pour tous les établissements où cela est nécessaire et en particulier entre les collèges Caroline Aigle et Joseph D’Arnaud dans le réseau de Salon-de-Provence. Ils se sont étonné que les choses soient possibles pour accueillir des élèves du var à Trets sans moyen donné par le 83 et que cela ne le soit pas pour les collèges de Marseille qui en ont besoin comme dans le 13e arrondissement.
En cette rentrée, outre les ajustements en fonction des effectifs constatés, le DASEN a attribué en juillet de 1 à 2,5 heures dans les DGH au collège dont les effectifs en 4e et 3e étaient pléthoriques.
Les élu.es ont demandé un groupe de travail pour échanger sur la gestion des AESH dans les PIALS. Ils ont réitéré aussi la mise en place d’un groupe de travail rectoral pour étudier le SRE des AED et mettre en place une grille salarial.
Déclaration liminaire de la FSU
Monsieur le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale,
Mesdames et Messieurs les membres du CSA- SD
La FSU est heureuse de pouvoir tenir ce CSA SD si proche de la rentrée afin de pouvoir faire rapidement un bilan de l’état du Service Public d’Éducation. Cela nous permet aussii de vous souhaiter à toutes et tous une bonne rentrée...
Cependant pour le 1er degré, ce CSA-SD reste trop tardif. Pendant que l’administration attend de disposer de chiffres consolidés, les équipes doivent immédiatement répartir les élèves, réorganiser les classes et gérer seules. Nous aurions besoin que les ouvertures soient prononcées dès que les effectifs constatés le justifient, sans laisser le personnel et les élèves subir plusieurs jours, voire plusieurs semaines de tension.
Bonne rentrée, d’ailleurs ? Intenable rentrée, plutôt, après un été caniculaire, où le personnel et les élèves retrouvent un bâti globalement inadapté aux fortes températures, quoi qu’en dise une certaine élue du Conseil Départemental.
En même temps, dans plusieurs établissements, les élèves de seconde ont découvert qu’avec leur entrée en lycée, c’était aussi la suspicion de l’ensemble de la société qui s’abattait sur eux : fouillés, dès le premier jour, par les forces de l’ordre. C’était une bien belle rentrée qu’on leur souhaitait ainsi !
Et puisque nous sommes là pour cela, faisons un rapide bilan de rentrée :
Les effectifs sont le plus souvent sur les repères les plus hauts dans les classes.
En collège, il faudrait créer 56 ETP d’enseignant.es pour revenir au taux d’encadrement d’avant 2017.
Dans les écoles, 143 fermetures de classe pour 88 ouvertures dans notre département. La baisse démographique a été le prétexte pour supprimer bon nombre de postes plutôt que de diminuer le nombre d’élèves par classe, d’améliorer le remplacement, de reconstruire les RASED, de rendre l’école réellement inclusive. Pourtant, toutes les études internationales nous montrent que la baisse du nombre d’élèves par classe a des effets positifs sur leurs apprentissages. Or, la France est l’un des pays européens où le taux d’encadrement est le plus bas. Les résultats catastrophiques de l’enquête PISA ne font que confirmer cette dynamique.
La vision court-termiste gouvernementale ne paie pas. En effet, l’étude de l’Institut des Politiques Publiques démontre que pour 1€ net économisé aujourd’hui en réduisant le nombre d’enseignant.es, on perdra à long terme 9 euros..
Il est temps de profiter de la baisse démographique pour desserrer l’étau. Pour la FSU, les projets comme les 800 collèges ne serviront à rien tant qu’on ne comprendra pas qu’il faut baisser drastiquement les effectifs par classe. Nous entendons qu’à défaut d’ouvrir des divisions par manque de moyens vous accordiez quelques heures aux collèges qui ont des classes de 4e et 3e très remplies. Cependant, on s’interroge : Quand ces heures sont-elles arrivées dans les collèges ? Si elles sont arrivées après la rentrée, elles sont sûrement venues alimenter le « Z » et se transformer en HSE à disposition du seul chef d’établissement sans garantie que les équipes soient consultées. Ne devrait-il pas y avoir réunion du Conseil d’administration pour attribuer ces heures ?
Dans le premier degré, la question des brigades est très préoccupante. L’annonce que les ISSR, revalorisées jusqu’au 31 décembre 2026, ne seront versées que lors d’un remplacement de congé maladie et non plus lors de missions non assimilées à un remplacement effectif inquiète la profession. Les titulaires remplaçant.es doivent pouvoir conserver leurs indemnités quel que soit le type de remplacement comme prévu par le décret n°89-825 du 9 novembre 1989. Le logiciel qui va assurer le déploiement des TR doit être au service des textes, et non pas le contraire !
La responsabilité des directrices et directeurs d’école en matière d’organisation pédagogique, que vous aviez rappelé Monsieur le DASEN en CSA- SD, est remise en cause par des IEN qui se permettent de refuser certaines décisions d’équipe, notamment en REP, afin de tenir compte des décloisonnements, des locaux, des temps de sieste, de sport, de récréations décalées, par exemple. Belle considération.
Dans le même temps, il manque du personnel dans nos établissements : des enseignant.es, des infirmièr.es, des Psy-EN, des CPE, des AED... A celleux d’entre nous qui exercent dans le second degré, par manque de remplaçant.es, on proposera de combler la fissure avec le sparadrap du RCD.
Il manque des AESH. Quand les contrats sont précaires, incomplets et sans véritable perspective de progression salariale, on ne peut pas espérer recruter… L’expérimentation des PAS montre jusqu’où l’on peut aller pour exploiter toujours plus les travailleuses et les travailleurs avec toujours moins de moyens. Dans plusieurs PIAL, ce manque d’AESH se traduit par un rééquilibrage des affectations entre école, collège, lycée. Des AESH ont parfois découvert le jour de la pré-rentrée qu’elles ou ils changeaient d’école pour un collège ou l’inverse, qu’ailleurs des élèves devront se passer d’accompagnement humain faute d’AESH… Parfois, un établissement où il manque moins qu’un autre est obligé de se départir de personnel pourtant nécessaire. La FSU rappelle qu’en juin dernier elle s’est mobilisée avec les AESH pour une école inclusive avec les moyens nécessaires, pour un vrai statut de fonctionnaire de catégorie B et pour la fin des PIAL et PAS qui gèrent la pénurie de moyens en maltraitant le personnel. Quand comprendra-t-on enfin qu’on ne pourra pas faire une école vraiment inclusive pour toutes et tous sans améliorer les conditions de travail de celles et ceux qui la font vivre ? Il est temps aussi que l’administration prenne ses responsabilités et ne laisse plus de petits chefs locaux décider arbitrairement quel.le AESH devra changer d’établissement et imposer des règles pour leur gestion dans les PIAL. Le statut protège, les règles acceptées d’un mouvement aussi.
La FSU demande donc la mise en place d’un groupe de travail pour mieux organiser la gestion des AESH dans les PIAL.
La FSU vous remercie de nous avoir transmis les moyens en AED alloués aux établissements. Elle constate cependant que cette année les moyens pour la Cité Scolaire Jacques Chirac sont pris sur l’enveloppe du département ce qui réduit les faibles moyens de remplacement des AED. En tout, il nous faudrait 80 ETP d’AE supplémentaires pour le 13.
Enfin, le simple fait de savoir que le Collège Loyola est passé au bout d’une seule année sous contrat avec l’État illustre bien que les choses ne vont pas dans le bon sens. Utiliser des moyens publics pour un établissement privé qui ne garantit en aucun cas la nécessaire mixité sociale est inique quand on sait qu’il manque des collèges publics à Marseille. Quid aussi de la resectorisation des Collèges Caroline Aigle et Joseph D’Arbaud quand on sait avec quelle rapidité l’an dernier une division a été ouverte au Collège de Trets pour des élèves du Var ?
La même logique fait que des enfants de « moins de trois ans » hors secteur sont affectés dans des écoles qui ont des TPS labellisés. On sait qu’ils et elles n’y resteront qu’un an pour retourner dans leur école de secteur plus favorisée. Cela se fait au détriment de familles qui ne peuvent plus être accueillies dans certaines TPS qui sont déjà à 20 par classe.
Voilà pour la rentrée pour le moins décevante que vivent les gens de terrain.
Ce n’est pas digne du Service Public d’Éducation que nous voulons.
Et comment devrait se préparer les futures rentrées ? Le ministère expérimente cette année une autre façon de travailler sur la carte scolaire dans 18 départements, hors Bouches-du-Rhône. Si une réflexion pluriannuelle sur 5 ans reste une piste intéressante, la FSU sera très vigilante au rôle et à la place de la représentation du personnel dans cette expérimentation, car l’une des dérives potentielles pourrait consister à évincer les organisations syndicales en privilégiant les discussions avec les élus locaux, dans le cadre des Observatoires des dynamiques rurales et territoriales.
Chaque année à cette période nous devons dénoncer une nouvelle régression dans les droits en matière de santé. Depuis cet été, le temps-partiel-thérapeutique est soumis à un délai de réponse de l’administration de 30 jours quand il était automatique auparavant. On limite la durée des arrêts maladie. La nécessité de service se fait au détriment de la santé des agent.es public.ques.
Mais qu’on se rassure, la communication malhonnête de la DEPP sur le salaire des professeur.es enrayera peut-être à elle seule le désavoeu de celles et ceux qui pourraient encore envisager de faire nos métiers.
A nous autres, fonctionnaires d’Education, on multiplie au contraire les injonctions à ne pas répondre, à ne pas commenter, à renvoyer systématiquement vers la communication du rectorat. Nous dénonçons la fiche diffusée par l’académie aux membres du personnel susceptibles d’être sollicités par la presse. Cette consigne de silence n’est pas même assumée : il est demandé au personnel de ne pas dire que le rectorat leur demande de ne pas s’exprimer, mais qu’ils “ne sont pas en mesure de répondre”. Nous refusons ce muselage et le mélange entretenu entre discrétion professionnelle et devoir de réserve. Dans le contexte de répression syndicale à l’encontre de personnels ayant signalé des dysfonctionnements, répression que nous dénonçons aux côtés de la CGT Éduc’action, cette volonté de contrôler la parole des agent.es est particulièrement inquiétante. La FSU apporte son soutien au personnel concerné et rappelle que, comme tout.e citoyen.ne, nous disposons d’une liberté d’expression et d’opinion. Alerter sur les dysfonctionnements du service public, témoigner de ses conditions d’exercice ou exercer ses droits syndicaux ne doit jamais exposer à des pressions ou des sanctions.
M. le DASEN, comme vous le voyez, nous avons du travail pour que la situation soit meilleure à la prochaine rentrée. Nous espérons que nous pouvons compter sur vous comme vous pouvez compter sur nous pour défendre un service public d’éducation émancipateur pour toutes et tous. Nous demanderons par la grève du 29 septembre les moyens nécessaires pour servir, et vous nous retrouverez exigeant.es dans cette instance pour faire en sorte que la voix du personnel soit entendue !
